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L'invité du réseau Scop Entreprises



Serge Boureau
PDG de la Scop Macoretz, témoigne sur la participation en coopérative
 
La participation dans les Scop, ce n’est pas seulement la présence au capital (pouvoir) et une répartition équitable des résultats (avoir). Dans la vocation d’émancipation professionnelle caractéristique des coopératives, c’est aussi l’apprentissage de la vie coopérative, c'est-à-dire une dynamique de formation et d’information pour concilier responsabilité entrepreneuriale et solidarité collective (savoir).

Témoignage de Serge Boureau, PDG de la Scop Macoretz (spécialiste de la maison en traditionnel, ossature bois et éco-construction, 100 salariés, 9 millions d'€ de chiffre d'affaires, Loire-Atlantique) et membre du Comité exécutif de la Confédération générale des Scop.

Depuis sa création en 1986, Macoretz ne cesse de se développer et d’accroître ses effectifs. Comment dans ce contexte faire vivre l’animation coopérative, notamment auprès des nouveaux ? 
 
Le premier outil coopératif est la charte de Macoretz. Elle définit nos valeurs et notre stratégie. Notre charte actuelle, un document de 5 pages, va vivre jusqu’en 2009. Nous avons prévu de commencer début 2008 à la repenser, à la redéfinir, à réécrire le projet qui nous unit collectivement. C’est le cap de référence qui guide l’équipe.

Quels sont les dispositifs de formation proposés par Macoretz ?
 
Macoretz consacre 3% de sa masse salariale à la formation. Nous assurons bien sûr les formations techniques qui s’inscrivent toujours dans un projet d’évolution individuelle et collective. Nous assurons aussi des formations coopératives internes avec des temps forts sur tous nos outils : participation, intéressement, statut juridique. En interne, nous proposons aussi des formations au conseil d’administration, qui comprend 12 personnes. Notre conseil d’administration a pour rôle d’articuler les choix politiques et les choix stratégiques de l’entreprise. Nous formons aussi les tuteurs de ceux que nous accueillons. Il y a une vingtaine de tuteurs, qui reçoivent chacun 3 jours de formation. Nous assurons aussi les formations externes. Nous faisons partie des coopératives les plus volontaristes sur les formations coopératives proposées par le mouvement. Cela permet la confrontation avec d’autres coopératrices et coopérateurs. Cela ouvre l’esprit et évite le risque de formatage interne. Toutes ces formations permettent de responsabiliser les personnes dans nos différents lieux de discussion.

Le partage des informations se fait-il seulement en assemblée générale ou également en dehors ?
 

L’entreprise réunit cinq à six assemblées générales avec tous les associés au lieu d’une seule par an. C’est en AG qu’on discute des projets stratégiques. Nous anticipons ces changements afin d’accompagner la mutation des personnes occupées sur ces postes. Nous avons aussi des réunions de secteur, concernant nos quatre grands métiers. On demande aussi à chacun des quatre secteurs de travailler en commissions par projet. Toutes ces instances informelles se tiennent hors des 35h. C’est un choix d’implication de chacun des associés. Toutes ces réunions bénéficient de jetons de présence, rémunérés 16€ de l’heure. Le résultat est sans discussion : nous progressons à tous niveaux chaque année, notre résultat varie de 6 à 9% du chiffre d’affaires, les salaires sont 4% au dessus des accords paritaires.

Propos recueillis par Pierre Liret.