En dix ans, le nombre de Scop s’est accru de 250 unités supplémentaires, en prenant en compte le solde net entre créations et disparitions. De 1 438 Scop en 1996, le total s’est porté à 1 688 fin 2006. Cette progression s’est surtout effectuée sur les cinq dernières années, puisque le nombre de Scop a augmenté de 61 entre 1996 et 2001, mais de 189, soit le triple, entre 2001 et 2006.
La progression du nombre de Scop s’est accompagnée d’une hausse des emplois. De 29 321 en 1996, le nombre total d’emplois (hors sociétés filiales) a grimpé à 36 297, soit une hausse de 7 000 emplois. Les emplois en Scop ont même progressé plus vite que le nombre d’entreprises, puisqu’ils ont augmenté en dix ans de 23,8 %, contre 17,4 % pour le nombre de Scop. Contrairement toutefois au nombre d’entreprises, qui s’est surtout accru dans les cinq dernières années, les emplois ont progressé davantage entre 1996 et 2001 (+ 14 %) qu’entre 2001 et 2006 (+ 9 %).
C’est dans le secteur des services que les Scop ont le plus progressé, tant en nombre d’entreprises qu’en emplois. Sur l’ensemble des services, on compte 279 Scop de plus qu’il y a dix ans, spécialement dans les services intellectuels et culturels (+ 179). La progression est encore plus marquée pour les emplois, puisqu’elle concentre 6 000 des 7 000 emplois gagnés en dix ans. Elle est tout particulièrement marquée dans les services intellectuels et culturels (éducation, formation, conseil, spectacle…), avec des effectifs plus que doublés : de 3 651 emplois en 1996, les Scop de ces métiers rassemblaient fin 2006 plus de 8 000 emplois.
C’est le secteur “cuirs et étoffes”, englobant le textile, qui est le plus en difficulté, avec un solde net négatif de 10 Scop entre 1996 et 2006, mais surtout une perte de 533 emplois.
Egalement soumis à forte concurrence sur le prix de la main-d’oeuvre, le secteur “bois ameublement- verre-céramique” ne perd quant à lui que 5 Scop et 190 emplois sur dix ans.
Quant au secteur “industries graphiques”, englobant l’imprimerie, confronté aux mutations technologiques, il perd certes 26 Scop, mais de petites tailles car la perte en emplois n’est que de 167. Les plus petites unités ont disparu, mais les plus importantes résistent et même embauchent.
Contrairement à la tendance française, les Scop de “fonderie-travail des métaux” se portent plutôt mieux. Certes, on ne compte plus que 36 Scop en 2006, contre 41 en 1996. Mais les emplois passent de 4 681 à 5 011, soit un solde positif de 330 emplois.
Dans la tradition historique des Scop, le secteur du BTP est toujours aussi important, avec 471 Scop et 11 000 emplois en 2006. Malgré la hausse des services intellectuels et culturels, qui sont désormais le premier secteur en nombre de Scop (31 % du total, contre 28 % pour le BTP), le BTP confirme sa position de premier secteur d’activité pour les Scop avec 30 % des emplois, devant les services intellectuels et culturels (22 % des emplois) et les services matériels (18,5 % des emplois).
On compte 964 Scop de moins de 10 salariés, soit 57,3 % du total. Mais ces entreprises ne rassemblent que 4 106 salariés, soit 11,3 % du total. Inversement, on ne compte fin 2006 que 149 Scop de 50 salariés et plus ; mais celles-ci pèsent plus de la moitié des emplois (54,9 %). Entre les deux, les 570 Scop de 10 à 49 salariés rassemblent un peu plus de 12 000 emplois et pèsent pour un peu plus d’un tiers du total en nombre d’entreprises comme en effectifs salariés.
Sur les dix ans qui viennent de s’écouler, le fait marquant est le poids croissant en emplois des Scop de 50 salariés et plus, et tout particulièrement des grandes Scop. Sur les 7 000 emplois supplémentaires gagnés entre 1996 et 2006, 75 % proviennent de cette catégorie (5 227 emplois). Parallèlement, le nombre de Scop de 50 salariés et plus passe de 114 à 149, soit un solde net positif de 35 Scop. Autrement dit, la hausse des Scop de 50 salariés et plus est bien plus marquée en emplois (+ 35 %) qu’elle ne l’est en nombre d’entreprises (+ 30 %).
Plus particulièrement, ce sont les Scop de 500 salariés et plus qui ont le plus contribué à la hausse des emplois en Scop : alors qu’elles étaient seulement deux en 1996, réunissant 1 651 emplois, elles sont désormais six fin 2006, rassemblant 4 567 emplois, soit 2 916 de plus. Le nombre de Scop de 500 salariés et plus a triplé. Leurs emplois ont été multipliés par 2,7.
Les Scop de 50 à 99 salariés progressent de 21 % en nombre comme en emplois. De 71 Scop réunissant 4 800 emplois en 1996, elles sont désormais 86, soit 15 de plus, rassemblant 5 800 emplois, soit 1 000 de plus en dix ans. La progression est encore plus forte pour les Scop de 100 à 199 salariés. Elles étaient 27 en 1996 ; elles sont 46 fin 2006, soit 19 de plus (+ 70 %). Les emplois progressent en proportion (+ 62 %), en passant de 3 900 emplois en 1996 à 6 300 en 2006, soit 2 400 emplois de plus. Seules les Scop de 200 à 499 personnes sont moins nombreuses et perdent des emplois sur la dernière décennie.
Les petites Scop (de 2 à 9 salariés) pèsent légèrement plus en nombre en 2006 qu’en 1996, avec 149 Scop en plus. Mais en créant seulement 366 emplois nets supplémentaires, leur poids en emplois passe de 12,8 % du total en 1996 à 11,3 % en 2006. Plus encore, les Scop de 5 à 9 salariés perdent du terrain en emplois, leur poids baissant de 8,5 % à 6,9 % du total. Elles pèsent également moins en nombre, passant de 25 % à 21 %. Ce sont les Scop de 2 à 4 salariés qui ont le plus progressé en nombre, puisqu’elles pesaient fin 2006 35 % du total, contre 31 % en 1996 (145 Scop en plus). En revanche, même si elles gagnent 364 emplois supplémentaires sur les dix ans, leur poids relatif a très peu progressé (de 4,3 % à 4,5 % du total).
En 10 ans, tous les indicateurs économiques se sont améliorés. Côté exploitation, le chiffre d’affaires a progressé de 30,5 %, la valeur ajoutée de 32,4 %, et le résultat net a presque triplé. Quant au bilan, le capital social est passé de 5 338 € à 6 011 € par salarié (+ 13 %) et surtout les réserves ont presque doublé en passant de 14 000 € à 25 528 € par salarié.
Au global, les capitaux propres atteignent fin 2005 31 539 € par salarié, soit + 63 % en 10 ans. Déduction faite de l’impôt sur les sociétés, les Scop répartissent leurs excédents nets de gestion en priorité au profit de l’entreprise et de leurs salariés. Chaque année, ces résultats servent à consolider les fonds propres à hauteur d’au moins 15 % du résultat pour la réserve légale et de 1 % minimum pour le fonds de développement. Dans la pratique, les Scop consacrent plutôt 25 % à 30 % de leur résultat au fonds de développement afin d’assurer la solidité financière de l’entreprise. Au total, ce sont donc 40 % à 45 % du résultat qui sont chaque année mis en réserves.